Comment gérer sereinement son manque de trésorerie ?

Vous pouvez nous suivre sur

  • 1

TrésorerieA une époque où les délais de conclusion d’une vente et les délais de paiement se rallongent, la gestion de la trésorerie revêt une importance stratégique pour l’entreprise encore plus importante. Malgré tous les efforts de l’entreprise pour développer une politique commerciale lui permettant de maintenir son carnet de commande, un « trou d’air » peut toujours survenir. La faculté d’anticipation du chef d’entreprise sera alors déterminante sous peine de devoir subir des conséquences personnelles qui peuvent se révéler catastrophiques.

Les difficultés de trésorerie

La loi met en place de nombreuses mesures soit pour anticiper les difficultés de trésorerie, soit pour les traiter. Le critère de distinction entre ces deux périodes est la notion de cessation des paiements. Cette notion signifie en termes simples que dès lors que l’entreprise n’est plus en mesure de régler à leur date d’exigibilité ses charges courantes, les dettes de l’entreprise doivent être gelées et une période probatoire doit être mise en place pour apprécier la viabilité de celle-ci. La cessation des paiements est donc le point de départ du redressement judiciaire. Le chef d’entreprise a tout intérêt d’éviter une telle extrémité pour deux raisons au moins. La première est que les difficultés de trésorerie auront un retentissement fort puisque le redressement judiciaire fait l’objet d’une publicité permettant à l’ensemble des fournisseurs et partenaires de connaître les difficultés de l’entreprise. Bien entendu, une telle publicité a nécessairement une influence sur la confiance de ces derniers envers l’entreprise. La seconde est que le chef d’entreprise prend le risque de subir la désignation d’un administrateur judiciaire chargé de l’assister dans la gestion de l’entreprise.

Anticiper la cessation de paiement

Afin d’éviter ces écueils, il est déterminant que le chef d’entreprise anticipe la cessation des paiements et prenne l’initiative de saisir le tribunal de commerce afin que des mesures soient prises pour permettre la suspension du règlement des charges courants de l’entreprise et la mise en place d’un échéancier lui permettant de rembourser sereinement ces charges. Cette anticipation lui permet de lui garantir la confidentialité de ces mesures et de rester maître à la tête de son entreprise. Il est donc aisé de mesurer à quel point le moment auquel le tribunal est saisi est déterminant pour la survie de l’entreprise.

Les risques de l’absence d’anticipation

Ce caractère déterminant est encore renforcé lorsque le chef d’entreprise n’a pas fait preuve d’esprit d’anticipation, qu’un redressement judiciaire est prononcé et que la période probatoire en résultant démontre que le redressement de l’entreprise est impossible. L’issue sera alors inévitablement la liquidation judiciaire. Lorsqu’un tel scénario catastrophe survient, c’est généralement parce que non seulement le chef d’entreprise n’a pas fait preuve d’esprit d’anticipation, mais a également retardé autant que possible la saisie du tribunal de commerce en présence de difficulté de trésorerie. Or, dans un tel cas, la loi impose au chef d’entreprise un délai de 45 jours à compter de l’apparition de ces difficultés pour opérer cette saisie. Elle sanctionne durement le non-respect de ce délai puisqu’elle considère que cela constitue une faute de gestion de la part du chef d’entreprise. En présence d’une telle faute de gestion, le tribunal de commerce pourra condamner le chef d’entreprise à supporter, à titre personnel, tout ou partie du passif de l’entreprise. Les conséquences peuvent donc être désastreuses pour le patrimoine personnel de celui-ci.

En conclusion, en cas de difficulté de trésorerie, il est essentiel pour le chef d’entreprise de se faire assister par un avocat afin de limiter les conséquences de ces difficultés.

Show Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *